jeudi, 11 janvier 2018 20:51

L'ONU condamne la mort de civils dans la Ghouta

L'ONU a condamné mercredi l'augmentation des civils tués en dix jours dans la Ghouta Est où 85 d'entre eux sont décédés. Elle a dénoncé à Genève de possibles violations du droit international humanitaire (DIH) et de possibles crimes de guerre.
Le Haut commissaire aux droits de l'Homme Zeid Raad Al Hussein a ciblé les attaques « terrestres et aériennes » du régime et de ses alliés. Des violences qui s'ajoutent au siège d'au moins 390 000 habitants qui a provoqué une catastrophe humanitaire dans cette région située à l'Est de Damas.
Outre les victimes, plus de 180 personnes ont été blessées, selon le Haut-Commissariat. Au moins deux centres médicaux ont été touchés, dont un n'est plus opérationnel, et un travailleur de santé a été tué.
Les bombardements récents dans la Ghouta Est pourraient avoir donné lieu à des « crimes de guerre », a déploré M. Zeid. Il a regretté les échecs pour évacuer les centaines de malades et blessés.
Il est aussi préoccupé par la situation de deux millions de personnes dans la région révolutionnaire, au Nord-Ouest. Les violences entre le Gouvernement et la Coalition de groupes d'opposition se sont étendues. Quelque 99 569 civils ont fui le Sud d'Idleb, le Nord et le Nord-Est de la province voisine de Hama « entre le 1er décembre et le 9 janvier », selon un communiqué du Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) qui souligne « l'intensité alarmante » des combats.
Au niveau diplomatique, la Turquie a sommé mercredi la Russie et l'Iran d'«assumer leurs responsabilités» en stoppant une offensive du régime syrien contre la province révolutionnaire d'Idleb, signe de tensions croissantes entre les parrains des belligérants avant de nouveaux pourparlers.
La Turquie, qui coopère étroitement depuis plusieurs mois avec la Russie sur le dossier syrien, a fait monter la pression ces derniers jours sur Moscou et Téhéran, à mesure que les forces du régime de Damas intensifiaient leurs bombardements à Idleb.
Le régime syrien mène depuis le 25 décembre une offensive pour reconquérir le Sud-Est d'Idleb, seule province qui lui échappe entièrement.
« Si vous êtes les parrains, ce qui est le cas, vous devez stopper le régime. Il ne s'agit pas là d'une simple attaque aérienne, le régime a d'autres intentions et il est en train d'avancer dans Idleb », a lancé le Chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu à Moscou et Téhéran.
On compte 400 000 civils actuellement pris au piège dans la Ghouta Est et vivant dans des conditions tragiques suite au siège meurtrier et aux continuels bombardements des forces d'Assad qui durent depuis des années. Les forces du régime et leurs milices étrangères alliées ont encore renforcé le siège de la région depuis le printemps 2017, empêchant depuis lors l'introduction de tous les produits alimentaires et médicaux.

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