jeudi, 15 juin 2017 18:57

L'ONU juge «excessives» les frappes aériennes de la coalition internationale à Raqqa

La Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie a jugé mercredi «excessives» les frappes aériennes de la coalition internationale à Raqqa, où les forces antijihadistes qui ont lancé une offensive se heurtent à la résistance acharnée du groupe Etat Islamique (EI).
«Les civils sont pris dans la ville» et «font face à la répression» de l'EI et aux effets des «frappes aériennes excessives», a déclaré aux médias le Président de la Commission, Paulo Pinheiro.
Les enquêteurs, qui n'ont pas accès à la Syrie, ont décompté 300 civils tués par les frappes aériennes de la coalition depuis le 1er mars dans l'ensemble de la province de Raqqa.
S'exprimant un peu plus tôt devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, M. Pinheiro, a déclaré que les enquêteurs étaient «gravement préoccupés par le nombre croissant de civils qui périssent lors des attaques aériennes, dans les zones contrôlées par des factions extrémistes».
«Nous notons en particulier que l'intensification des frappes aériennes, qui ont préparé le terrain pour l'offensive des Forces démocratiques syriennes», une alliance arabo-kurde appuyée par les États-Unis pour reprendre Raqqa aux jihadistes, «a entraîné non seulement un nombre effrayant de pertes de vies de civils mais a également conduit 160 000 civils à fuir», a-t-il ajouté.
M. Pinheiro a par ailleurs souligné que les «accords d'évacuation» en Syrie «soulèvent aussi des inquiétudes et dans certains cas pourraient représenter des crimes de guerre». «On ne peut pas parler de choix (...) lorsque ceux qui restent courent bien souvent le risque d'être arbitrairement arrêtés ou recrutés de force», a-t-il expliqué.
Plusieurs opérations d'évacuation ont été organisées notamment au cours des derniers mois pour des bastions insurgés asphyxiés par un long siège, le régime misant sur ce qu'il appelle des accords de «réconciliation locale» pour faire plier les Révolutionnaires.
L'ONG Human Rights Watch a exhorté hier la coalition internationale conduite par Washington d'épargner à la population civile des effets du phosphore blanc qu'elle utilise à profusion.
«Peu importe comment il est utilisé, le phosphore blanc présente un risque élevé d'effets néfastes et durables sur les villes densément peuplées», a souligné un responsable de l'ONG. Sans aller jusqu'à condamner l'usage de cet élément chimique, il interpelle sur son utilisation massive dont les conséquences sur la population civile peuvent s'avérer à terme dramatiques.
Le phosphore blanc sert à tracer un champ de bataille ou à instaurer un écran de fumée propice aux infiltrations des combattants mais il est aussi utilisé comme une arme incendiaire redoutable.
Le Porte parole de la coalition, Rayan Dillon, a averti quant à lui que la coalition se réserve le droit d'utiliser toutes les ressources disponibles pour vaincre l'EI. D'après M. Dillon le phosphore blanc a été employé par les militaires afin d'illuminer les champs de batailles nocturnes et pour masquer les opérations d'attaques en raison de l'épaisse fumée qu'elle dégage tout en tenant compte des retombées sur la population.
Cependant le HRW explique que l'usage de ce produit très controversé brûle jusqu'à ce qu'il disparaisse, en provoquant des brûlures du second degré ou du troisième degré sur toutes les parties exposées.

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