mercredi, 07 août 2013 14:04

Les 20 massacres répertoriés commis par les soldats d’Assad en Syrie durant le mois de Juillet 2013

Résumé:
Du 13 Juillet 2013 et 05 Août 2013 le régime a perpétré plus de 20 effroyables massacres au moins en Syrie :

  • le plus terrifiant et le plus horrible étant celui du village Al Bayda à Baniyas où les soldats d’Assad ont brûlé vif 13 personnes vivantes, principalement des femmes et des enfants
  • mais aussi celui du village reculé d’Al Sukhnah à Homs où les hommes de main ont abattu 17 personnes à coups de couteau, dont des femmes et des enfants
  • les forces du régime ont effectué une dizaine d'attentats ciblant plusieurs régions en Syrie (Ariha, Sarmin, Saraqib (villages d’Idleb), et les exécutions de civils à Qaboun (Damas) et Al Zarah (Homs))
  • les bombardements de la mosquée Al Hussami et de l’école Al Andalous (dans un quartier de Homs) ont fait plusieurs morts dans d’effroyables conditions.
Durant ce mois de Juillet, le régime d’Assad a fait des centaines et des centaines de blessés et plus de 7 500 morts.
Dans ces massacres, les soldats du régime ont été aidés de Comités populaires « pro-régime », de soldats du Hezbollah, iraniens et irakiens.
 
Ni les rapports du Conseil des droits de l'Homme, ni la Commission des droits de l'Homme des Nations Unies n’ont empêché le régime d’Assad de continuer à commettre des crimes de génocide. Le Conseil de sécurité de l'ONU est dans l’incapacité de protéger les civils, ce qui encourage le régime d'Assad à commettre encore plus de crimes.

1- Cadre général :
  • 10/06/2000 : mort de Hafez Al Assad
  • il a gouverné la Syrie pendant plus de trente ans
  • il a tué des dizaines de milliers de personnes, notamment dans la ville de Hama (massacres au début des années 80)
  • des milliers de personnes disparues et victimes de disparition forcée
  • il a créé un régime de sécurité solide, complexe et étendu dans tous les domaines de la vie
  • il a supprimé plusieurs libertés fondamentales aux syriens
  • il a ordonné l’arrestation d’un très grand nombre d’opposants politiques et non-politiques
  • à sa mort, la Constitution Syrienne a été modifiée : Bachar Al Assad devient le nouveau président
    • diminution de l'âge du chef de l'Etat de 40 à 34 ans
    • importante corruption qui influence l'économie syrienne
    • un quart de la population en 2009 est en dessous du seuil de pauvreté
    • répression sévère de l'opposition et arrestations illégales
  • atmosphère de corruption économique et politique et absence de droits fondamentaux
  • Mars 2011 : des enfants de Deraa écrivent sur les murs d'une petite école l'expression «le peuple veut la chute du régime »
  • arrestation et torture des jeunes garçons
  • la Révolution syrienne éclate
  • importantes manifestations pacifiques
  • le régime réprime à balles réelles les révolutionnaires dès le premier jour des manifestations
  • intervention impossible du Conseil de Sécurité pour protéger les civils à cause des positions russes et américaines
  • Bachar Al Assad utilise en toute liberté toutes les armes militaires possibles y compris les armes interdites par la Communauté Internationale
  • dans une tentative de contrôle de la révolution populaire, il a balayé toutes les villes syriennes, sans exception
  • Bachar Al Assad est soutenu par des hommes de mains et par des Comités populaires
  • il a commis de grands massacres en Syrie : le nombre de victimes, de déplacés (1/4 de la population) et de réfugiés (plus d’un quart de la population syrienne), les armes utilisées, les assassinats, les enlèvements, les arrestations arbitraires, les exécutions extra-judiciaires, les abus sexuels contre les détenus ou contre des civils, le blocus paralysant l'arrivée de vivres et de médicaments dans les zones favorables à l'opposition, la propagation de nombreuses maladies et la menace d'une vie normale pour les civils, et d’autres actes contribuent à constater ses crimes contre l’humanité
  • après de longs mois de manifestations pacifiques et un nombre de plus en plus importants de morts et de blessés, des soldats dissidents ont été contraints de défendre leur peuple, et ont formé les premiers bataillons de l'armée libre.
La Commission d'enquête internationale indépendante, créée le 22.08.2011 par le Conseil des droits de l'Homme, ne cesse de montrer, via des rapports, l'ampleur des violations flagrantes et les crimes commis par les forces de Bachar Al Assad, de ses hommes de main, des Comités populaires, du Hezbollah, des combattants chiites et de mercenaires étrangers d'Irak, du Yémen, d'Iran et d'autres pays. Le dernier rapport publié le 4 Juin 2013, montrant la taille de ces crimes, n'a pas empêché les soldats d’Assad de continuer à commettre des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre …

Le régime continue de commettre des crimes et des meurtres, notamment dans la ville de Homs, dont l'objectif recherché est de forcer la population d’une confession spécifique à quitter le gouvernorat de Homs.
  1. Les infractions visées par le rapport :
    • période : Juillet 2013
    • ce mois est le plus meurtrier en Syrie
    • les soldats d’Assad continuent d’utiliser des armes lourdes : chars et artillerie pour bombarder les villes et villages, avions de guerre, missiles balistiques qui visent souvent les mosquées remplies de fidèles lors de la prière du soir du mois de Ramadan (des dizaines de morts)
    • ce rapport ne mentionne pas tous les crimes commis par les soldats de Bachar Al Assad compte tenu du blocus complet de nombreuses zones et de l’absence de moyens de communication pour ces régions.
  2. Cadre géographique du rapport :
    Le rapport couvre une grande superficie de la République Arabe Syrienne et informe ne pas être en mesure de couvrir l'ensemble du territoire de l'Etat en raison de procédures de sécurité, des opérations militaires actuelles menées par les forces de Bachar Al Assad, du blocus des nombreuses zones et de l’absence de moyens de communication empêchant l’obtention d’un grand nombre d'informations de ces régions.
  3. Cadre géographique du rapport :
    Ce rapport s’est basé sur les faits documentés par des activistes en Syrie ainsi que les témoignages de la population des régions où ont lieu ces crimes, mais aussi des vidéos, photos et documents rapportés par les activistes.

2- Les crimes perpétrés :

  1. L'utilisation d'armes chimiques :
    1. Bombardement aux gaz toxiques et utilisation de missiles sol-sol sur le camp de réfugiés de Yarmouk (Damas)
      :Des militants damascènes ont annoncé, le 21 Juillet au soir, la mort d'une personne touchée par des gaz toxiques proche du poison sarin, après que les soldats du régime aient ciblé le camp de réfugiés de Yarmouk.
      Cette attaque par gaz toxiques du camp de réfugiés palestiniens n’est pas la première de son genre.
      Dans les quartiers sud de la capitale, les missiles sol-sol qui ont détruit des habitations civiles ont fait plus de 22 morts.
    2. Bombardement d’armes chimiques sur Adra et Douma (Damas) :
      Le 05 août 2013 des bombardements à l’aide de missiles porteurs de charges chimiques sur les villes de Adra et Douma ont causé la mort de nombreuses personnes et des dizaines de blessés, sans oublier le nombre important d’animaux morts.
      L’utilisation des armes chimiques par les forces de Bachar Al Assad est une certitude et en raison de l'incapacité de la Communauté Internationale à fournir une protection à la population civile, ce type d'arme est devenu un moyen pour le régime d’Assad de reprendre le contrôle des zones libérées. Ces armes chimiques provoquent de graves dommages à l'autre partie, dont la panique et la peur, ce qui contribue à vider les régions entières de leurs populations.
      Le régime a également fait usage de ce type d'arme dans l'est de la capitale, le sud et dans la ville de Darayya, mais également dans la province d'Idleb.
  2. Égorger et brûler des civils :
    Les soldats d’Assad considèrent la torture comme un moyen pour effrayer les gens d'une part, et de donner une mauvaise image des « ennemis » en faisant croire qu’il s’agit là du comportement des révolutionnaires.
    Cela permet à Assad d’utiliser ce mensonge contre les révolutionnaires dans de nombreuses situations. Ainsi cette politique a été utilisée à plusieurs reprises durant le mois de Juillet :
    1. Al Bayda (Baniyas), deuxième massacre en 2013 :
      1. Le dimanche 21 Juillet, les forces du régime ont effectué un crime contre l'ensemble d'une famille de 13 personnes, dont 4 femmes et 6 enfants qui ont été brûlés vifs dans leur maison dans le village d'Al Bayda, et 3 hommes de la même famille ont été exécutés le même jour.
      2. Les soldats du régime encerclaient le village sur 3 axes dès le samedi 20 Juillet et avaient bombardé les habitations.
      3. Le 2 Mai 2013 ce village, en bordure de la côte méditerranéenne, avait déjà fait l’objet d’une campagne militaire importante du régime, tuant des centaines de personnes innocentes, avant de se diriger à Ras Al Nab et de tuer des centaines d’autres civils.
    2. Massacre de Al Sukhnah (campagne de Homs) le 23 Juillet 2013 :
      1. les forces du régime ont pris d'assaut la ville
      2. un grand nombre de la population a fui le village
      3. 17 personnes ont été abattues à coups de couteau et ensuite brûlées.
  3. Bombardements aveugles des zones de regroupement des civils :
    Le régime, appuyé par les soldats du Hezbollah et de l’Iran, a lancé une vaste campagne militaire au début du mois d’Avril sur des régions proches de la frontière libanaise (Talkalakh (Homs), Al Qusseir (Homs) et dans des villages le long de la ligne de frontière) et des régions du nord de la Syrie comme Alep et Lattaquié.
    Le régime a essuyé d’importantes défaites à Alep et dans la campagne de Lattaquié et a perdu d’importants sites à Idleb.
    Cela a amené les soldats du régime et du Hezbollah à poursuivre une politique de bombardements intensifs des zones libérées.
  1. Massacre de l’école Al Andalous du quartier Al Dablan de Homs :Le 19 Juillet 2013 le régime a lancé un raid militaire violent et a envoyé un missile sur une école qui abritait plus de 250 familles de déplacés faisant un grand nombre de morts. Les activistes ont rapporté avoir retrouvé des corps carbonisés sous les décombres et être dans l’incapacité de donner le nombre réel de victimes.
  2. 13 Juillet 2013 : les forces du régime visent les secouristes qui tentent de venir en aide aux blessés provoqués par les bombardements de la ville de Deraa. On dénombre ainsi un grand nombre de morts.
  3. 29 Juillet 2013 : bombardement de la mosquée Al Hussami du quartier Al Dablan (Homs) pendant la prière du soir : 10 morts, un grand nombre de blessés et la destruction d’une partie de la mosquée comme l’ont rapporté des militants et plusieurs vidéos publiées.
  4. 31 Juillet 2013 (rapport publié par le Bureau de Ghouta Est du 29.07.2013 au 02.08.2013) :
  5. Le 29 Juillet 2013, les soldats de l'Armée Libre et des Brigades Islamiques ont libéré les moulins sur la route de l'aéroport, qui représentent une importante zone stratégique et contiennent également des tonnes de farine que le régime bloquait depuis plus de trois mois, empêchant le ravitaillement de la population de Ghouta Est.
  6. Le régime a répondu en bombardant massivement la région : missiles sol-sol (3), obus, artillerie lourde et avions de guerre de manière continue.
  7. On compte un grand nombre de blessés et de morts parmi les civils et les soldats de l’Armée Libre.
  8. Les services médicaux parlent de plus de 1 000 blessés et de plus de 100 morts.
  9. 30 Juillet 2013 : des avions de combat du régime larguent des bombes à vide sur un village d’Al Hasakah faisant 8 morts, tous membres d’une même famille.
  10. 01 Août 2013 : le bombardement du quartier Al Waar (situé dans la partie ouest de la ville de Homs) a fait 22 morts et plus de 70 blessés. Ce bombardement a lieu quelques heures seulement après l’attaque d’entrepôts de munitions du régime dans le quartier Wadi Al Dahab (Homs) qui a conduit à de gigantesques explosions et fait plus de 140 morts.
  11. 14 Juillet 2013 : le régime largue des barils de TNT sur un village d’Idleb entraînant la mort d'au moins 10 civils et des dizaines de blessés.
  12. 21 Juillet 2013 : le régime a envoyé des mortiers sur un marché d’Ariha (Idleb), pendant l'heure de pointe durant le mois de Ramadan, tuant 22 personnes et blessant 44 autres.
  13. 23 Juillet 2013 : le régime largue des bombes à vide sur Sarmin (campagne d’Idleb) : un nombre indéterminé de morts, mais au moins 3 enfants d’une même famille.
  14. 18 Juillet 2013 : le régime largue un nombre important de barils de TNT sur Saraqib (campagne d’Idleb) mais aussi des bombes à sous-munitions et de phosphore faisant 30 morts (15 corps ont été retrouvés sous les décombres des maisons détruites) et un grand nombre de blessés.

Ces attaques par les soldats du régime ont ciblé des lieux de rassemblement des civils, lors des prières ou dans des commerces d’alimentation... Ces attaques regroupent les conditions juridiques d'un crime de guerre selon les normes du Droit international humanitaire.

4-Le ciblage des femmes, enfants et des personnes âgées :
Au cours des cinq derniers mois les hommes d’Assad ont développé un système d'information au sein de l'armée afin d’éviter toute fuite qui pourrait conduire à ternir l'image de l'armée régulière sur le plan international et national (régions « pro-régime »). Mais ce système médiatique est dans l’incapacité de cacher la vérité, en particulier avec l'augmentation des crimes commis par les forces du régime dans les régions libérées majoritairement contre les jeunes enfants.

  1. Les enfants martyrs de Al Nairab (Alep) : dans la soirée du 25 Juillet 2013, le régime a lancé une offensive militaire de grande ampleur avec toutes les armes possibles (missiles, artillerie lourde et raids aériens) visant les quartiers résidentiels d’Al Nairab (Alep) faisant un grand nombre de morts dont 19 enfants.
  2. 15 morts dans une école à Anadan (Alep) : le 30 Juillet 2013 l’aviation du régime a bombardé une école dans le village d’Anadan (campagne au nord d’Alep). Les militants ont répertorié la mort de 15 personnes, parmi lesquelles une majorité de femmes et d’enfants et plus d’une cinquantaine de blessés.

5- Les enlèvements, les exécutions et les assassinats :
Les forces du régime ont adopté dernièrement une nouvelle technique qui oblige les soldats de l’Armée Libre a battre en retraite en kidnappant des civils et en les utilisant comme boucliers humains lors de leur entrée dans certains quartiers. Cette procédure consiste en une violation flagrante et grave du Droit international humanitaire et de la Convention de Genève quant à la protection des civils en temps de guerre.

  1. Assassinat de 6 personnes qui tentaient de sortir leur bétail d’un quartier dévasté de Qaboun (Damas) : le 18 Juillet 2013 les soldats du régime ont ouvert le feu sur des civils et leurs troupeaux qui tentaient de fuir vers un lieu plus sûr.
  2. Les Comités populaires tuent 7 personnes d’une délégation d’Al Zarah (campagne de Homs) : le 15 Juillet 2013 les Comités populaires, engagés aux côtés du régime, ont tué à un barrage une délégation de 7 personnes d’Al Zarah qui se rendait au village d’à côté (village « pro-régime ») et ont jeté leurs cadavres sur la route.
  3. Enlèvement de 200 personnes, dont 20 familles à Qaboun (Damas) :
    1. Le 17 Juillet 2013 les forces d'Assad ont capturé un certain nombre de familles (estimé à 200 personnes par les militants) qui tentaient de fuir le quartier de Qaboun dans une des mosquées.
    2. Le 20 Juillet 2013 les soldats d’Assad ont pris en otage 60 civils exigeant les corps des soldats morts contre la libération des civils.
    3. Le 26 Juillet 2013 l'Armée Libre a annoncé la libération de prisonniers détenus dans la mosquée Al Omari du quartier de Qaboun à Damas et les ont emmené dans des lieux sûrs.

Synopsis :
Ces actes, que ce soient les meurtres ou le ciblage de groupe de civils, sont des génocides fréquents et répétés. Ces crimes, qui comprennent des assassinats, des viols, des déplacements forcés, des enlèvements, des incendies criminels et des bombardements nécessitent une intervention urgente de la Communauté Internationale afin de mettre fin à ce génocide qui vise à modifier les réalités démographiques sur le terrain et l'évacuation de Homs à des composantes sociales. La Communauté Internationale a la responsabilité de protéger les civils en application du traité A/RES/60/1 (Paragraphe 138 à 140) des Nations Unies de 2005.

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